« Paroles de psy »

« (…) Et toi tu bosses dans quoi ? »

« Moi, je suis psychologue. »

« Ah, tu es psy ! Mais tu fais quoi exactement, tu es sur ton fauteuil et tu dors pendant que les gens s’allongent sur ton divan ? Tu prescris des médicaments ? Tu aimes Freud ? Tu lis dans ta boule de cristal ? Tu m’analyses là maintenant ? (…) »

Passées les premières réactions souvent vives face à l’annonce d’un métier qui touche à l’intimité émotionnelle et psychique et qui renvoie l’interlocuteur à ses propres failles, il y a souvent beaucoup d’interrogation quant aux différents « psys » et leurs activités.

La faute à qui ? A la jeunesse de notre discipline, qui, même si de plus en plus pratiquée et sollicitée, reste encore méconnue du plus grand nombre.

Alors deux minutes pour faire le point sur les « psys », leurs différentes casquettes et champs d’action !

Les psychiatres

(Docteur en médecine – spécialité psychiatrie)

Les psychiatres sont des médecins qui ont choisi comme spécialité la psychiatrie, c’est à dire l’étude et le traitement des maladies psychiques. Ils ont pour activité principale leur diagnostic et leur traitement. Ils peuvent pour cela prescrire des médicaments et/ou mener des thérapies.

La plupart du temps, ils coordonnent les soins entre les différents intervenants (infirmier, psychologue, psychomotricien, etc.) dans les établissements publics (hôpitaux ou centres médicaux). Ils soignent souvent des maladies chroniques et assez lourdes, appelées psychopathologies.

On peut les trouver également en libéral, où ils reçoivent des patients en thérapie. Pour cela, ils doivent se former à une ou plusieurs technique(s) de thérapie (cf. Psychothérapeute).

Les psychologues

(Titre de Psychologue obtenu grâce à un Diplôme d’État)

Les psychologues ont étudié les sciences humaines. Ils peuvent avoir différentes spécialités :

  • la psychologie dite clinique : elle concerne l’étude du fonctionnement psychique de la personne, c’est à dire la pensée, les émotions des êtres humains. Les psychologues cliniciens participent au soin des maladies psychiques en faisant passer des tests psychologiques et en menant des thérapies. On les retrouve au sein d’équipes pluridisciplinaires dans des établissements publics (souvent sous la responsabilité d’un psychiatre) et en libéral.
  • La psychologie en entreprise : le psychologue y assume des fonctions dans les services de ressources humaines (recrutement, gestion du bien-être au travail, etc.). On peut même retrouver les psychologues dans les études statistiques ou marketing pour leur capacité à comprendre, anticiper certains comportements.
Les psychothérapeutes

C’est là que ça se complique. Le titre de psychothérapeute est aussi un titre protégé, que ne peuvent obtenir que les psychiatres ou les psychologues, ou des personnes répondant à certaines exigences de l’Agence Régionale de Santé.

Pour schématiser, le titre de psychothérapeute est un titre supplémentaire, « bonus » en quelque sorte pour les psychiatres et les psychologues qui ont suivi une formation en psychothérapie.

En réalité, il existe de très nombreuses techniques de psychothérapie (ou thérapie), qui sont issues de courants de pensée différents. En fonction de ses convictions, le psychiatre ou psychologue choisit une ou plusieurs formations. Elles vont lui permettre d’acquérir une expertise pour prendre en charge les patients, qu’ils soient malades psychiques ou qu’ils désirent mieux se connaître.

Parmi la multitude de thérapies sur le marché, une porte le mystère du dernier psy- :

La psychanalyse

C’est la mère de toutes les thérapies. Elle est née à Vienne au milieu du XXème siècle, issue de la pratique de plusieurs médecins et psychiatres, dont le plus connu est Freud. Elle repose sur un travail intellectuel et des associations d’idées.

Elle est la plus connue des thérapies et la plus sujette aux caricatures, mais n’est représentative ni de la variété des techniques actuelles (Thérapies Cognitivo Comportementales, thérapies psycho corporelles, Thérapies systémiques, etc.) qui ont chacune leurs sous-catégories, ni de la posture du thérapeute qui a beaucoup évolué depuis 80 ans ! Il est loin le temps du sacro-saint divan et du psychanalyste tout puissant face à un patient ignorant !
Les premières psychanalyses étaient très centrées sur la parole du patient et l’analyse du thérapeute, avec une distance relationnelle qui servait à bien différencier les rôles, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Par contre, les thérapeutes formés à d’autres types de thérapies peuvent parler, échanger, questionner, reformuler, ajuster, parfois  même livrer un morceau de leur expérience de vie.

Et si la psychanalyse est une technique thérapeutique toujours utilisée et qui peut être très efficace, elle n’est plus l’unique voie possible.

Il me semble que c’est pour le mieux, que nous soyons dans notre rôle de psychiatre ou de psychologue, avec notre costume de psychanalyste, comportementaliste, systémicien ou autre humaniste, le cœur de notre travail est d’instaurer une relation saine, sécurisante, qui permettra au patient de prendre conscience de ses ressources pour pouvoir affronter ses failles.

En résumé, les ingrédients de base d’un bon psy sont l’empathie, la bienveillance et l’écoute, le reste ne sera qu’une question d’assaisonnement. A vous de choisir celui qui conviendra le mieux à votre besoin !

Pour aller plus loin :

Sur les psychothérapeutes : https://www.iledefrance.ars.sante.fr/usage-du-titre-de-psychotherapeute

Sur les thérapies : http://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies

Quel psychologue pour moi ? : http://psychologues.org/trouver-un-psychologue